Ici nous partageons un peu de notre jardin secret. Nous nous permettons d'avoir un avis sur nombre de sujets au gré des jours et de l'actualité.

Si les quelques lignes ci-dessous créent de l'échange nous sommes heureux! N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, de vos réactions.

A l’automne, les arbres perdent leurs feuilles et le théâtre ses échafaudages….

Et je vis un sentiment paradoxal : à l’instant où cet édifice devient réalité tangible, que l’on peut en faire le tour, le toucher, y voir les effets de l’ombre et de la lumière, j’ai le très net sentiment qu’il n’a jamais été aussi virtuel !

Autant son emballage d’échafaudage et de toile cachait sa réalité, le rendant «  en devenir » mais malgré tout vivant par ses promesses, les aspérités, les épaisseurs et les mouvements de son emballage, maintenant enfin débarrassé de sa gangue il apparaît lisse, informel, impersonnel, virtuel donc.

Cette architecture est se révèle sans émotion, sans risque, sans ambition. Elle édulcore, soustrait, réduit le projet jusqu’à faire que la réalité ressemble à la maquette présentée c’est à dire un cube, un volume géométrique sans plus. On gomme tous détails, toutes décorations, toutes émotions de peur de devoir s’expliquer.

Le projet n’est plus porteur d’un message, d’une vision, d’un espoir que la réalisation concrète permet de vivre et de développer. Le projet est LE message. Il n’y a rien d’autre. En dehors d’un enjeu technique bien passéiste. La virtualité est tout ce que l’on peut nous offrir, car c’est aussi ce qu’il y a de moins risqué !

Il m’arrive d’imaginer, quand je remonte la rue St Pierre, que les doigts d’une main géante apparaitrait dans le ciel, saisirait ce petit cube, le soulèverait, et j’entendrais alors une voix dire : « allons, chéri, range tes jouets ! »

06.09.2011 / 15:17

C’était le 24 août dernier aux alentours de 20h00, une forte averse orageuse douchait le ciel de la Gruyère. Eole étant de la partie depuis le sud-ouest, les nuages filaient doucement vers l’Orient, cédant la place aux derniers rayons solaires. Les conditions étaient en place pour que le spectacle commence.

Le dialogue peu habituel et paradoxal de la pluie et du soleil, en plus d’un arc-en-ciel complet ce soir là, illumina d’une pluie d’or tout l’espace compris entre le sol et la base des nuages. L’éther devint consistant tout en restant transparent, le paysage prit durant près d’une demi-heure des teintes que seule l’absence de Béatrice disculpait Dante d’en être le peintre.

Concevoir, mais surtout réaliser et entretenir un jardin peuvent procurer de semblables jouissances avec en prime, parfois, l’illusion d’en être le créateur.

Originaire du centre et du sud-ouest de la Chine, ce grand rosier d’environ 3 mètres s'y trouve dans les zones montagneuses à des altitudes comprises entre 700 et 4400 mètres.

Nous apprécions cette espèce dans les jardins à caractère rustique et fleuri. Il s’intègre parfaitement dans un buisson ou une haie arbustive mais une autre utilisation n’est pas exclue.

Son feuillage d’une élégante finesse, ses fleurs blanc pur qui éclosent en solitaire aux nœuds des tiges, ses cynorhodons orange rouge, mais surtout, comme on le voit sur la photo, ses aiguillons rouge et translucides lui donnent un attrait à de multiples échelles et à de multiples points de vues.

Pour lui conserver ce dernier caractère, il est nécessaire de le rajeunir année après année en supprimant les plus vieilles et plus grosses branches à la base.

Une magnifique rencontre au hasard d’un de mes déplacements sur les routes tessinoises, au bord du ruban d’asphalte qui relie Bellinzone à Airolo !

Ce Lis, indigène mais peu courant et menacé en Suisse, offre de splendides taches de couleur chaude.

Il préfère les endroits chauds, pas trop humide et lumineux. Il pousse facilement dans tous sols au pH proche du neutre.

La sous-espèce bulbiferum (ici il s’agit de la sous-espèce croceum) a, en principe, l’avantage de s’éparpiller rapidement grâce aux bulbilles qui se développent à l’aisselle des feuilles supérieures.

N’hésitons pas à le planter dans nos jardins ! (si quelqu’un est intéressé mais qu’il n’en trouve pas, qu’il ou elle me contacte. Je me mettrai en chasse si ce ne sera pas encore fait).

Verts ! vous avez dit vert ?

L’expression « espaces verts » s’entend couramment dans les discussions qui animent les milieux politiques en lien avec l’urbanisme. Ce tour de langue s’utilise pour parler des parcs et jardins et des zones non constructibles ou difficilement aménageables pour des raisons techniques et légales (délaissés).

Malgré notre science à propos de l’empire des mots sur nos idées, nous n’avons pas su anticiper les funestes conséquences que cette expression réductrice aurait sur la qualité de ces espaces. Cette influence, et c’est remarquable, est aujourd’hui telle que la tournure « espaces verts » à remplacé celle de « parcs et jardins » dans l’intitulé de nombreuses entreprises de la branche et des services communaux concernés.

Les symptômes sont visibles dans les agglomérations d’aujourd’hui. Ils touchent indistinctement les propriétés privées et publiques. L’espace vert, d’une partie du jardin, a enflé jusqu’à en occuper la plus grande partie.

La personnalité occidentale, physique ou morale, se figure que la chlorophylle est l’expression suffisante de la nature et de la vie ; le jardin s’est révélé comme un symbole de la puissance de l’Homme et, en particulier, de son pouvoir sur une nature domestiquée. L’occidental s’imagine qu’il est en conflit avec la nature et, dans ses jardins, ne tolère cette dernière que soumise à la discipline de gazons, de plantations, de bassins entretenus au sens étroit du terme.

J’utilise le mot jardin à dessein car ce vocable, malgré certains préjugés spatio-temporels, à l’avantage de contenir nombre de définitions sans imposer de qualité. La seule qualité attendue d’un espace vert repose sur sa couleur, qui est intrinsèquement une qualité. Il me semble dès lors pertinent d’utiliser un grand contenant pour exprimer une situation aussi complexe que les surfaces non construites de l’agglomération.

Comme Alain l’avait justement relevé, la nature ne fait pas de jardin. Cependant il me paraît plus nécessaire que jamais de comprendre que tout ce qui existe y compris l’humanité et tous ses jardins fait partie absolument de la nature. Ma volonté n’est pas de surfer sur la vague du développement durable, du bio ou de quelque notion floue et intéressée, mais de faire évoluer le regard qu’on porte sur ces surfaces non construites, de faire naître une compréhension de toutes les qualités contenues et possibles, avec comme finalité que chacun puisse y voir plus qu’un espace vivant parce que vert ou planté à force de dépenses.

Ainsi peut-être verrons-nous à nouveau fleurir, volontairement ou pas, les bords et les îlots de route, les abords des immeubles de bureaux et toutes ces surfaces qu’on aimerait qu’elles soient justement un peu plus délaissées.